Covid 19 : Enquête sur l’activité des médecins vasculaires

L’épidémie a fait chuté l’activité dans les cabinets. Les médecins vasculaires sont restés à l’écoute de leurs patients

ENQUETE SUR L’ACTIVITE DES MEDECINS VASCULAIRES DURANT LA PERIODE DE CONFINEMENT LIEE AU COVID 19 DU 16 mars au 10 mai 2020

Dr GOFFETTE Pascal - Pr WAHL Denis - CNPMV

Nous vous présentons les résultats d’une enquête de pratique des médecins vasculaires, réalisée sous l’égide du Conseil National Professionnel de Médecine Vasculaire, durant la période de confinement du 16 mars au 10 mai 2020 en raison de la crise sanitaire liée au COVID 19. Cette enquête a été adressée à tous les MV par l’intermédiaire des sociétés savantes (SFMV, SFP), de l’AMEVAH et du Syndicat National des Médecins Vasculaires SNMV.

-  478 réponses ont pu être recueillies et analysées.

-  Parmi les participants 68% ont plus de 50 ans et 57,5% sont des femmes. En tête des régions : l’Ile de France puis Rhône Alpes, les Hauts de France, l’Occitanie, la Nouvelle Aquitaine, le Grand-Est et la Bourgogne Franche Comté. Le nombre de réponses attendues par région était fonction de la démographie des MV mais aussi de l’incidence et du vécu de la pandémie dans la région.

-  Le lieu d’exercice permet de révéler que 85% des MV sont dans des agglomérations de plus de 20 000 habitants dont la moitié au-dessus de 100 000 habitants.

-  Concernant le mode d’exercice, il se répartit en trois catégories : environ 1/3 en exercice isolé, 1/3 en groupe et 1/3 en établissement.

Nous avons analysé les mesures adoptées pour gérer le planning des RDV en trois catégories : annulation - report - maintien des consultations, suivant le type d’examen.

-  Pour les annulations de RDV, ce fût essentiellement ceux concernés par la phlébologie (bilan d’insuffisance veineuse, sclérothérapie) dans 95% des cas, les bilans de dépistage chez les coronariens pour 60%, les AOMI sévères dans 15%.

-  Pour les examens maintenus : les contrôles de thrombose veineuse pour les 3/4 des RDV et dans les 2/3 des cas les sténoses carotidiennes et suivis d’anévrysme de l’aorte.

-  Les délais des examens reportés ont été de 4 à 8 semaines pour les examens non urgents et 8 à 12 semaines pour les soins de phlébologie. La gestion des RDV programmés selon les pathologies ont permis de limiter les effets collatéraux.

-  Les motifs de consultation liés au COVID (thrombose veineuse, acrosyndrome, ischémie distale…) ont été renseignés ainsi que le nombre de patients suspects ou COVID + examinés durant la même période. Les 3/4 des MV ont vu moins de 10 patients COVID + et 7.3% plus de 30 patients.

Les mesures barrières adoptées ont été répertoriées face au risque de contamination au sein du cabinet en précisant les mesures de protection pour le médecin (type de masque), la secrétaire, le patient.

-  La tenue vestimentaire, le matériel et les locaux (désinfection, distanciation…) montrent que 50% des praticiens exercent en blouse seulement et 42% en tenue professionnelle complète, 30% ayant utilisé la tenue spéciale COVID. Par ailleurs 90% ont utilisé le masque chirurgical et 80% l’ont utilisé durant 4 h. La dotation des FFP2 n’a été faite régulièrement que pour 36% d’entre eux, contre 75% pour les masques chirurgicaux. Les masques ont été portés par 75% des secrétaires.

-  Du point de vue de l’équipement, le saturomètre était présent dans 38% des cabinets, le gel dans 95%, la distanciation au sein du cabinet et salle d’attente respectée dans 75% des cas.

-  La téléconsultation a été pratiquée chez 17% des MV.

Nous avons également pu répertorier pour les médecins libéraux, les aides financières demandées par les médecins pour eux-mêmes, leur personnel et leur cabinet.

Enfin, nous avons recueilli l’état de santé de nos confrères : 20% ont eu des symptômes et 25% ont été testés durant cette période. Les tests réalisés : PCR positifs dans 3% des cas et sérologie dans 1%. Les interruptions de travail ont été respectivement de 10,65% et les hospitalisations de 2%.

Nous tenons à remercier vivement tous les participants à cette enquête de pratique qui a permis de rapporter beaucoup de données durant cette période critique. Les conseils et recommandations adressés par mails, et au moyen des sites des différentes structures : Sociétés Savantes, Syndicat, Amevah et CNPMV ont été suivis à 95% par les médecins vasculaires, permettant l’adoption des mesures préconisées avec une grande réactivité par la plupart d’entre nous.

" Il ne faut pas tout craindre mais il faut tout préparer "... (Richelieu)
(message adressé lors de l’enquête par l’un de nos confrères médecin vasculaire)

Voir les résultats de l’enquête du SNMV

Cette enquête a été présentée par le Docteur Pascal Goffette, président du SNMV, lors de la session du Conseil National Professionnel de Médecine Vasculaire au cours du congrès de la SFMV à Bordeaux le 18 septembre