Dépassements d’honoraires

Dépassements d’honoraires : Touraine ne veut pas « sanctionner abusivement »

Invitée par l’Association des journalistes d’information sociale (AJIS), la ministre de la Santé Marisol Touraine a réaffirmé les grandes lignes de son action, en insistant sur la structuration du système de santé autour du parcours de soins.
La médecine de parcours, pilier de l’organisation
Le parcours devrait être au cœur de la stratégie nationale de santé, annoncée pour 2014. « Cette médecine n’est pas destinée à l’ensemble des patients, mais à ceux qui souffrent de pathologies multiples ou chroniques, ou qui avancent en âge » a déclaré Marisol Touraine. Parallèlement au comité des sages qui rendra ses conclusions à la fin du mois de mai, 5 expérimentations pour les personnes âgées vont être lancées dans des territoires de santé à l’automne, « en Aquitaine, et dans le Centre, ce ne serait pas absurde », a indiqué la ministre.
« Ce ne sera pas un simple réseau, qui est davantage un échange de bonnes pratiques. C’est une structuration plus générale », a-t-elle insisté. Quant au financement, il faudra attendre l’avis des sages.« L’objectif, c’est un financement intégré, une fongibilité des ressources. Actuellement, dans le cadre des parcours de soins pour les personnes âgées, les enveloppes du conseil général, des agences régionales de santé, et des associations qui travaillent ensemble ne fusionnent pas. »
Travail en équipe : le financement en septembre
Effet collatéral, la médecine de parcours devrait rendre plus naturel le paiement à la performance, espère la ministre.
« Je tourne des pages, je ne les déchire pas. » Marisol Touraine ne fait pas table rase du passé. Au sujet du dossier médical personnalisé (DMP), elle souhaite « passer à un DMP 2e génération », et en faire un instrument de suivi des maladies chroniques, en évitant la redondance de certains actes.
De même pour les maisons pluridisciplinaires de santé, la ministre enclenche la seconde vitesse : ne plus seulement construire des murs, mais accueillir les professionnels de santé, libéraux et hospitaliers. Les dispositions sur le financement du travail en équipe inscrites dans le projet de financement de la Sécurité sociale, devraient entrer en application en septembre, a-t-elle souligné.
Viabilité de l’accord sur les dépassements
« L’accord sur les dépassements d’honoraires est viable, il faut tout faire pour le mettre en œuvre », a déclaré Marisol Touraine. « Certains médecins dans le secteur libéral hospitalier ont déjà annoncé qu’ils allaient revenir sur leurs honoraires de façon significative », a-t-elle fait valoir. « Mon objectif n’est pas de sanctionner abusivement. Il n’y a pas de raison d’agir par voix législative. Je ne suis pas dans une logique d’échec », a-t-elle ajouté.
Faisant référence au sondage paru dans le « Quotidien du médecin »,Marisol Touraine a rappelé que 60 % des médecins étaient favorables à l’avenant 8, même si « un noyau dur d’opposants très minoritaires, qui a fait de l’avenant un élément d’opposition irréductible, se fait entendre ».
Extension de la couverture complémentaire
En réaction à l’accord de sécurisation du marché du travail, MarisolTouraine a estimé que « ce n’est qu’une première étape ». « Nous souhaitons élargir la couverture complémentaire aux étudiants, aux chômeurs de longue durée, aux retraités ». Des discussions informelles sont engagées avec les organismes complémentaires au sujet de laredéfinition des contrats responsables. Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie (HCAAM) devrait être saisi.
Données de santé : un site sur le médicament
La ministre de la Santé a précisé les contours d’un site internet sur les données de santé, en particulier les médicaments, prévu pour le 2esemestre 2013. « Si on regroupe les notices des boîtes, cela ne sert à rien. Il faut aller plus loin, mais l’information sur le médicament est très réglementée. Ce site ne sera peut-être pas aussi convivial que je le souhaiterais », admet Marisol Touraine.
En matière de vigilance, elle souhaite renforcer la remontée des événements indésirables et améliorer la surveillance des prescriptions collectives des médecins : « Il ne s’agit pas de savoir si le Dr Dupontprescrit bien, mais de voir si tel médicament antiacnéique est prescrit hors AMM massivement », a-t-elle illustré, faisant référence à l’affaireDiane 35.
› COLINE GARRÉ
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