Femmes enceintes /phlebite

Risque de phlébites élevé

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Toujours un risque de thrombose pour la femme enceinte hospitalisée
12/11/2013

L’obésité, le tabagisme, les grossesses multiples, la multiparité sont des facteurs de risque connus d’accidents thromboemboliques pendant la grossesse. Mais qu’en est-il de l’hospitalisation ? Certains travaux ont montré qu’une hospitalisation multiplie par 100 le risque dans la population générale. Une équipe du Royaume Uni a réalisé une étude de cohorte réunissant plus de 200 mille femmes âgées de 15 à 44 ans qui ont eu au moins une grossesse entre 1997 et 2010.
Dans cette cohorte, 18 % des femmes ont été admises au moins une fois à l’hôpital au cours de leur grossesse, en dehors de l’hospitalisation pour l’accouchement. Les séjours sont en général de courte durée et se produisent plus souvent au cours du 3ème trimestre. L’hospitalisation est bien un facteur de risque d’accident thromboembolique (embolie pulmonaire ou thrombose veineuse profonde), avec un taux absolu de 1 752/100 000 personnes-années et un risque 17,5 fois supérieur par rapport au taux constaté en dehors de l’hôpital (incidence rate ratio [IRR] 17,5 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 7,69 à 40,0). Mais le risque ne se limite pas à la durée de l’hospitalisation, puisqu’il reste élevé pendant les 28 jours suivant la sortie (taux absolu 676/ 100 000 personnes-années ; IRR 6,27 ; IC : 3,74 à 10,5). C’est au cours du 3ème trimestre que le risque est le plus élevé (961/ 100 000 personnes-années ; IRR 5,57 ; IC : 3,32 à 9,34) et chez les femmes de 35 ans et plus (1 756 /100 000 personnes-années ; IRR 21,7 ; IC : 9,62 à 49,0).
Sans surprise, la durée de l‘hospitalisation est un élément décisif. Mais si les hospitalisations de 3 jours et plus sont les plus à risque, celles de plus courte durée multiplient quand même le risque par 4 (558/100 000 personnes-années ; IRR 4,05 ; IC : 2,23 à 7,38). Notons que l’absence de comorbidités, obésité, cardiopathie, varices, ne modifie pas les résultats.
Cette étude est intéressante à plus d’un titre. Elle montre non seulement qu’une hospitalisation pendant la grossesse augmente considérablement le risque d’accident thromboembolique, mais que ce risque persiste pendant les 28 jours suivant la sortie et cela même si la durée de l’hospitalisation était inférieure à 3 jours et si la patiente ne présente pas d’autre facteur de risque.
Ces données remettent en question les recommandations les plus répandues concernant la prophylaxie des accidents thromboemboliques, qui préconisent de traiter préventivement les femmes présentant au moins 2 facteurs de risque (y compris un IMC >30) à partir de 3 jours d’hospitalisation.
Le rapport bénéfice-risque d’un traitement prophylactique par héparine de bas poids moléculaire pourrait être revu à la lumière des données de cette étude.

Dr Roseline Péluchon

Sultan AA et coll. : Risk of first venous thromboembolism in pregnant women in hospital : population based cohort study from England. BMJ 2013 ; 347 : f6099.

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